Journal d’un film – La Belle et la Bête

La belle et la bête, journal d’un film, de Jean Cocteau

– une lecture musicale et dessinée –

de et par Laureline Mattiussi, Sophie Robin & Sol Hess

 

© Cocteau, l’enfant terrible, L. Mattiussi & F. Rivière (Casterman, 2020)

« J’ai formé le projet d’écrire le journal de La Belle et la Bête, au fur et à mesure du travail de ce film. (…) Ma méthode est simple : ne pas me mêler de poésie. Elle doit venir d’elle-même. Son seul nom prononcé bas l’effarouche. J’essaie de construire une table. A vous ensuite d’y manger, de l’interroger ou de faire du feu avec. »

Jean Cocteau, introduction à La Belle et la Bête, Journal d’un film.

© Cocteau, l’enfant terrible, L. Mattiussi & F. Rivière (Casterman, 2020)

 

LE LIVRE :

Le tournage de La Belle et la Bête commence le 27 août 1945 au Moulin de Touvoie, à Rochecorbon.
A cette date, Jean Cocteau commence l’écriture d’un journal qu’il tiendra jusqu’au lendemain de la première projection du film, devant les techniciens du studio de Joinville, le 1er juin 1946.
C’est un tournage long et difficile , où l’immédiate après guerre génère des coupures d’électricité et des pénuries en tous genre, et où Cocteau, affublé de croûtes, de prurit, d’anthrax subit littéralement une mue, le film semblant se nourrir de sa substance vitale pour exister.
Tour à tour manifeste esthétique sur la mise en scène et le cinéma, journal d’un surgissement, où Cocteau, fidèle à lui-même, laisse œuvrer sa création aux mains de l’Invisible (« J’arrache ce conte au néant par surprise ») , journal d’une douleur physique qui converse avec la transe et l’extase mystique, le journal d’un film est aussi celui de l’intériorité d’un artiste qui convoque la mort, la douleur et l’angoisse sur le plateau, mais pour qui cette exhalation d’une réalisation collective est un des moment les plus doux de sa vie….

 

LE SPECTACLE :

Laureline Mattiussi a travaillé plusieurs années sur la vie et l’œuvre de Jean Cocteau, pour sa bande dessinée Cocteau, l’Enfant Terrible, réalisée en compagnie de François Rivière (Casterman 2020)
Longtemps elle s’est dit que le tournage de La Belle et la Bête synthétisait parfaitement la vie et l’engagement artistique de son auteur : le journal de tournage raconte autant sur les préoccupations artistiques et l’audace de Cocteau que sur sa vie plus intime, son rapport à la souffrance, son désir d’être aimé, son goût des autres.
Aguerrie aux spectacles dessinés, il lui semblait naturel de s’employer à une mise en scène hybride, jouant du dialogue entre plusieurs médiums : texte lu, musique, et dessin en direct. D’autant que cette forme est aussi une façon de saluer Cocteau : parmi les premiers à s’engager dans la voie d’un théâtre « total », il passa sa vie à mélanger les genres, à enchevêtrer toutes sortes de lignes poétiques pour chercher à pénétrer l’indicible.

Le Journal d’un film est lu par Sophie Robin, mis en musique par Sol Hess et en dessin (en direct au pinceau et à l’encre de chine, et vidéo-projeté) par Laureline Mattiussi.

Durée : 1h00

 

© Cocteau, l’enfant terrible, L. Mattiussi & F. Rivière (Casterman, 2020)

 


LES INTERVENANTS :

 

Laureline Mattiussi :

Laureline Mattiussi est une autrice de bande dessinée née à Nancy en 1978.

Arrivée dans le paysage de la bande dessinée avec L’île au Poulailler (Glénat/Treize Étrange, prix Artemisia 2010), une histoire de piraterie entre hommage au genre, fable sans réelle morale et réappropriation ironique, servi par les couleurs d’Isabelle Merlet, elle réalise ensuite La Lionne (Glénat/Treize Étrange)sur un scénario de Sol Hess, un récit onirique et violent, bercé par des vers de Catulle, avec pour toile de fond les eaux fangeuses de la Rome Antique rongée par la peste.

Avec Je viens de m’échapper du ciel (Casterman), une adaptation de nouvelles noires de Carlos Salem, elle livre son goût pour un dessin en noir et blanc, tout en ombres et en lumière. Son dernier livre, Cocteau, l’enfant terrible, réalisé en compagnie de François Rivière, est sorti en septembre 2020 aux éditions Casterman.

Laureline Mattiussi collabore depuis une dizaine d’année avec de nombreux musiciens, comédiens et auteurs pour des spectacles dessinés. Elle expose actuellement une quarantaine d’œuvres dans la collection permanente du musée de la Philharmonie de Paris, à l’occasion de l’année de la bande dessinée.

 

Sophie Robin :

Suite à une formation au Conservatoire National de Région d’Art Dramatique de Lille, elle s’installe à Paris où elle travaille au théâtre et au cinéma sous la direction entre autres d’Eric Rohmer, Pascal Rambert, Claude Santelli, Gilles Bouillon, Jean-Louis Thamin, Dominique Surmais, Monique Hervoüet, le Théâtre de l’Ephémère, Stéphanie Loïc, Pascale Siméon … En 1997 elle s’installe à Bordeaux, et tout en poursuivant son travail de comédienne, elle devient la collaboratrice artistique de plusieurs metteurs en scène pour le théâtre et l’opéra, (entre autre : Marcel Bozonnet, Nelly Borgeaud, Sandrine Anglade, Fréderic Liedgens, Yvan Blanloeil …). Depuis 2009 elle participe comme artiste associée au Collectif jesuisnoirdemonde où elle initie des projets transdisciplinaires pour des festivals d’art contemporain, de littérature, le Printemps de Bourges etc….

 

Sol Hess :

Sol Hess est un compositeur et musicien Britannique, né à Londres en 1984. Chanteur et guitariste des groupes Sweat Like an Ape ! et Sol Hess and the Boom Boom Doom Revue, il compose également de la musique de film (La mécanique des corps et Nos Forêts de Matthieu Chatellier,  Angèle à la casse de Daniela de Felice et Matthieu Chatellier, Si tu vois ma mère de Nathanaël Guedj…).

Membre de la compagnie Fracas, scénariste de bande dessinée (La Lionne, avec Laureline Mattiussi et Isabelle Merlet, éditions Treize Etrange/Glénat), il s’adonne depuis une dizaine d’année à des formes musicales dialoguant avec le livre : lectures musicales et dessinées, BD concert avec l’Ensemble Drift, etc… Sol Hess est également interprète dans le cadre de rencontres avec des écrivains, il a récemment traduit James Ellroy et Bret Easton Ellis.

Son premier album solo, The Missing View, est sorti le 18 janvier 2021 chez Platinum Records (France) et P572 (Canada).

 

 

 


Dossier de présentation La Belle et la Bête

FICHE-TECHNIQUE- La Belle et la Bete


Diffusion:

Véronique Cameleyre – ciefracas@gmail.com – 06 12 30 72 11


 


Partenaires:

La lecture musicale et dessinée de La Belle et La Bête, Journal d’un film, a reçu le soutien des Amis d’Yves Chaland et du comité Jean Cocteau.